mercredi 25 janvier 2012

rhizomes


(c) Gérard Fromanger, Rhizomes pastels-café, 1997-1999

mardi 24 janvier 2012



Étienne Diemert 
Lecteur-correcteur & rewriter
10 rue Crespin-du-Gast 75011 Paris
tél. : 01 43 57 36 26 
e-mail : etiennediemert@gmail.com


CV résumé :
2008. Formacom, école de correcteurs
2006. Maîtrise à l'Institut d'études théâtrales (IET) de P-III Censier
1993. Hypokhâgne classique au lycée Henri-IV


Rewriting (« réécriture » : accompagnement à la rédaction) et prise en charge de la correction de vos textes : orthographe, syntaxe, ponctuation, typographie (parfaite maîtrise du code typo en vigueur dans la presse et l'édition) ; vérification de l'information, structure, cohérence. La préparation de copie et la correction permettent d'apporter à un texte littéraire ou à un argumentaire commercial la finition requise pour une réception optimale auprès de vos lecteurs : c'est un maillon indispensable de la chaîne graphique.





En tant que rewriter, je participe à la qualité rédactionnelle du texte par la recherche de la plus grande fluidité syntaxique : clarté, concision et efficacité du message sont les maîtres mots de mon activité. Le rewriting est une intervention mesurée, qui s’effectue selon divers degrés de profondeur, dans le respect du texte source et dans une écoute fine de la demande ; l’horizon de ce travail de réélaboration est une lisibilité accrue pour le lecteur ou le consommateur, un meilleur impact pour l’auteur ou l’annonceur. 


En tant que correcteur, j’interviens à l’étape seconde de reprise du texte pour chasser la coquille et proscrire les incohérences. La correction est un tamis, un crible ou une critique, au sens étymologique de ce mot ; elle confronte le texte à la norme linguistique et au code typographique : c’est dans la coïncidence à ces deux codes que le contenu éditorial acquiert sa finition, sa texture dernière. Corriger implique constance, vigilance, minutie : une attention fine aux détails et aux nuances — une responsabilité de messager.

Devis et tarifs sur demande. 


(c) Robert Häusser, Boot, 1972

lundi 23 janvier 2012

Nommer, donner le nom

« Plus jamais je ne disais aux fleurs : "Vous êtes mes sœurs !" ou aux sources : "Nous sommes de la même race !" Je donnai à chaque chose son nom, fidèlement, comme un écho. 
Ainsi qu'un fleuve aux rives arides où nulle feuille de saule ne se reflète dans l'eau, le monde passait devant moi sans ornements. 
[...] 
Son cœur était chez lui parmi les fleurs, comme s'il eût été l'une d'elles. 
Elle les nommait toutes par leur nom, leur en prêtait, affectueusement, de nouveaux, de plus beaux, et savait de chacune, la plus favorable saison. » 

                                                   Hölderlin, Hypérion (trad. de Philippe Jacottet).

samedi 24 décembre 2011

De la présence au soupçon : entre Wajdi Mouawad et Javier Cercas



Dans un article paru dans Le Monde des livres du 18 novembre 2011, intitulé « Étreindre l’ombre de la mort » et consacré au dernier ouvrage d’Yves Bonnefoy, Wajdi Mouawad[1] écrit : ligne de crête, le poème « est, en tous les cas, un espace restreint dominé par des ravins dans lesquels il ne faut pas tomber, ceux du lyrisme, du romantisme et celui, plus abyssal encore, de l’image illusoire, née de la coagulation des mots, qui fait croire au déploiement d’une réalité aussi dangereuse que mensongère. Pour éviter de chuter, il faut alors tenir le mot pour ce qu’il est, le prendre au mot, et l’inscrire, une lettre dans la pensée, une autre dans la sensation. Entre pensée et poésie, le long de cette ligne de crête, s’établit une manière de rendre visible le poème et de faire émerger les images piétinées par la folie d’un siècle aussi pathétique que sanglant. »

Il n’y a pas refus de l’image mais questionnement sans relâche de son sens, de sa valeur, et de son rapport à la présence fugace, éphémère, cernée par le passé. Pas plus que l’image n’est ramenée à la simple analogie, comparaison ou métaphore, ce qui serait la rabattre sur une figure de style. Mais ce qui est dénoncé dans cette citation, c’est le lyrisme qui engendre images illusoires — captieuses, fascinantes et vaines à l’instar des images de la caverne platonicienne — et chausse-trapes pour la pensée, nées de la « coagulation des mots ». Que désigne cette dernière expression, qui recourt elle-même à la métaphore vitaliste de la circulation sanguine ? Les mots coagulent quand ils s’arrachent au flux de la langue, à sa fluidité et à sa mouvance, qui font d’elle l’incessant : alors il se figent en images convenues et consensuelles, qui n’ont plus rien d’inouïes, mais appartiennent à un champ littéraire commun, à une « topique » traditionnelle, reprise d’ouvrage en ouvrage, à la belle littérature ou à la plus commerciale. Cette mise en circulation de l’image en fait une monnaie d’échange qui se démonétise à mesure qu’elle passe de main en main, au fur et à mesure de son usage et de son usure. À la mise en circulation de l’image « coagulée » s’oppose la fraîcheur et la nouveauté de la première occurrence au sein d’une fluence et d’une mesure propres. Mais Wajdi Mouawad ajoute : pour éviter ce piège, cette chute, il faut « prendre le mot au mot et l’inscrire, une lettre dans la pensée et l’autre dans la sensation ». Prendre quelqu’un au mot, c’est « accepter immédiatement une proposition faite par quelqu’un qui ne croyait pas qu’elle serait prise au sérieux (1488). Mot a ici sa valeur commerciale d’“offre”. Au départ, l’expression était à comprendre dans ce contexte, au sens de “se saisir de, accepter l’offre faite par quelqu’un”. »[2] Accepter l’offre des mots ? Wajdi Mouawad complète sa pensée : « tenir le mot pour ce qu’il est », dans sa réalité — phonique et sémantique —, le prendre au pied de la lettre, en quelque sorte. Le lyrisme serait cet excès qui, se séparant de la littéralité requise pour une expression authentique, se sépare aussi de la surface et de la présence nue des choses. À nouveau se presse sous la plume le terme d’« arrachement », synonyme de déchirure et de perte : arrachement à la platitude et à la clarté de la proposition ; décollement du sens littéral et du sens figuré qui s’écartent l’un de l’autre ; rupture de la réciprocité entre énoncé et phénomène dans l’ici-bas. C’est quand le mot a une face tournée vers la sensation (vers son référent décliné selon toutes ses dimensions sensibles comme la résonance, le souvenir du référent dans la psyché) et l’autre vers la pensée qu’il atteint à cette portée symbolique et peut prétendre à l’image. Cet enracinement dans l’étant, racine et profondeur des mots, consistance et surface des corps, me semble une condition nécessaire de leur sens, tout autant que leur position au sein d’une structure (selon la description du signe issue de la linguistique saussurienne).

Dans l’édition du Monde du lendemain 19 novembre 2011, consacrée à l’Espagne, Javier Cercas[3] propose une définition du labeur de l’écrivain dans un article intitulé « La facilité, pire ennemi de l’écrivain » :
« Dans son dernier livre, En el curs del temps (“Au fil du temps”), Enric Soria raconte qu’il y a quelques années, lorsqu’un journaliste a demandé à Marcel Reich-Ranicki ce qu’était pour lui un écrivain, le redouté ponte de la critique littéraire allemande lui a répondu : “Quelqu’un pour qui l’écriture est plus difficile que pour les autres.” À mon avis, c'est une réponse parfaite. Tout écrivain sérieux fait face à un paradoxe : plus il écrit, plus cela devient facile pour lui ; mais plus il devient facile pour lui d’écrire, plus la facilité devient pour lui suspecte, jusqu'à ce qu’il découvre enfin que c'est elle, la facilité, le pire ennemi de son travail. Lorsque quelque chose sort d’un premier jet, ce n’est pas bon ; lorsqu’une phrase sonne comme de la littérature, pire encore : la littérature c’est précisément ce qui ne sonne pas comme de la littérature. »
  Quelqu’un pour qui l’écriture est plus difficile que pour les autres : je me souviens du trouble d’Albert Cossery, l’auteur de Mendiants et orgueilleux, à l’idée qu’en une après-midi il avait péniblement couché sur le papier une unique phrase, précieuse entre toutes, alors qu’un travailleur de force avait accompli une besogne productive et utile, créatrice de richesse, en l’espace de ces quatre heures. Ce portrait de l’écrivain engage l’exigence à l’œuvre dans l’écriture : dans la difficulté à écrire sont pointés le doute et le soupçon fondateurs à l’égard des mots et de leur charge sémantique, qui permettent de se défaire, par le labeur, et de la transparence, et de la littérature : redonner aux mots leur part d’opacité (qui oblige à plus d’exactitude en retournant au dictionnaire) et dégager l’écriture vive de la gangue de la littérature qui vient arrêter le mouvement d’écrire — par quoi l’on retrouve la « coagulation des mots ».

Le sort de l’écriture se joue entre ces deux définitions : celle de Wajdi Mouawad qui convoque la littéralité et la sensation, donc la présence au langage et au monde, comme pierres de touche de l’image et du style ; celle de Javier Cercas citant Marcel Reich-Ranicki, qui se défie de toute facilité, consacre le soupçon et retourne d’une certaine manière au silence de l'agraphie (« pour écrire, préférer ne pas écrire »).



[1]. Dramaturge et metteur en scène d’origine libanaise et québecoise, mais vivant en France, né en 1968 : http://www.wajdimouawad.fr/
[2]. Alain Rey, Sophie Chantreau, Dictionnaire des expressions et locutions, Le Robert, 1997.
[3]. Écrivain espagnol, né en 1962, auteur des Soldats de Salamine et d’Anatomie d'un instant (Actes Sud, 2002 et 2010).

mardi 15 mars 2011

N'importe où, hors du monde

Rewriting et préparation de copie du premier roman de Mattieu Ponsar, intitulé N'importe où, hors du monde et publié aux éditions des Presses du Midi (150 000 signes). Le site dédié au livre est visible ici. Je travaille en collaboration avec l'auteur, en tant que conseil littéraire, à l'écriture de son second roman.

mercredi 24 novembre 2010

Laisser la langue filer

Extrait du texte paru dans la revue Dissonances n° 19 à la mi-octobre, sur le thème « Idiot ». 

Dans Un privé à Tanger, le poète Emmanuel Hocquard décrit, en manière de parodie de biographie, les trois métamorphoses de l’écrivain : en cancre sur les bancs de l’école, en privé dans le labyrinthe des villes et des textes, puis en idiot — figure marquant le début et l’aboutissement du cycle. L’idiot de Tanger taille des semelles de chaussures dans des pneus en caoutchouc et chante à tue-tête au milieu des rues. L’arc fait se rejoindre l’ignorance et l’idiotie au-dessus du champ de l’écriture : nous sommes sous le signe du « moins », qui permet de convertir l’idiolecte en cris et en chants.

La littéralité consiste tout ensemble à s’en tenir aux mots et à prêter attention à la référence et à la dénotation, deux exigences à concilier en lecture et en écriture. Il ne s’agit pas vraiment de « se faire » une langue propre et idiote (« singulière », selon le sens étymologique de ce mot), ce qui pointerait la fabrique du style, mais de « faire » la langue, de la travailler ou de la laisser travailler. Que propose Emmanuel Hocquard quand le privé commence à écrire ; quand, désœuvré par suite d’une enquête qui piétine et se mord la queue, il empoigne le stylo et se met à raturer et à blanchir avant d’inscrire et d’ajouter quoi que ce soit ? Il minore la langue, rien de plus. Selon Gilles Deleuze, « un traitement créateur de langue mineure[1] » consiste en un double processus d’appauvrissement et de mise en variation continue des constantes de la langue standard — entendre de la grammaire en tant que code homogène et norme linguistique. Dès lors, crier, bégayer, chanter à tue-tête, ce n’est pas violenter la langue ou régresser vers le bord inférieur de celle-ci — le silence et l’insignifiance —, mais fuir ou faire fuir l’ordre contraignant de la syntaxe ; user la chaîne verbale jusqu’à la trame, jusqu’aux points de nouage des énoncés ; et de ce beau tissu qu’est le texte effranger les fils. L’idiotie : puissance de détournement et de transformation qui met en pièces les formes de la langue et ouvre sur la poïesis.

> A suivre, notamment par la lecture de Kafka, pour une littérature mineure de Deleuze.

[1]. Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille plateaux, Éditions de Minuit, 1980, « Postulats de la linguistique », p. 131. 

lundi 15 novembre 2010

Skateboard Stories

Dans le cadre du documentaire Skateboard Stories, réalisé par Thomas Lallier et produit par la chaîne Arte en collaboration avec No One, retranscription de 10 heures d'interview vidéo pour la société No One. Le film sera diffusé sur Arte le jeudi 16 juin à 22 h 20 et visible ensuite sept jours sur le site d'Arte.

vendredi 1 octobre 2010

AMG Production

COMMUNICATION D'ENTREPRISE. Correction de dossiers de presse pour la société AMG Production, organisatrice d'événements dans le Sud-Ouest de la France.

dimanche 12 septembre 2010

Ce qui borde la mer

Texte écrit à l'occasion de l'exposition de photographies de Guillaume Fandel, qui aura lieu à Bruxelles, à partir du 18 septembre prochain (Espace Moselle, 40 rue des Drapiers).


Sur les rivages de la mer du Nord, il n’y a pas de « bord de mer ». L’expression désigne le plus souvent un lieu de villégiature, une côte fréquentée, une plage populeuse — présence multiple et profuse. La visée de ces photographies est autre : rendre compte des confins du territoire, d’une langue de terre sauvage ou désertée, d’un bord littoral ; s’exposer en tant qu’observateur à l’effet de bord. Mais que recouvre cette formulation ?

Dernières nouvelles de l’exploration : tout commence avec une « exposition », par laquelle l’observateur décrit une lente avancée vers le paysage et vers l’événement de l’image. Il se porte à la rencontre du lieu, quelles que soient les modalités de cette rencontre ; il s’abandonne à la contemplation d’une étendue dans la perspective d’en enregistrer et d’en interpréter les signes ou les marqueurs, ainsi que les bornes (toujours l’étendue est comprise entre deux bornes, deux limites ou deux seuils, qui forment un cadre ou un champ). Lumières changeantes des Pays-Bas, manteau de neige, camaïeu de teintes effacées ; un lit de pierres semble partager l’eau du sol et courir en courbe vers l’horizon ; deux surfaces vierges s’étendent à perte de vue depuis cette ligne jusqu’aux côtés du cadre.
Dans l’effet de bord propre au littoral, le photographe prend le risque d’un entre-deux ; il n’est plus dans l’enceinte des terres, au mitan ou au milieu d’une géographie, au sein ou au centre de la demeure ; il pose pied sur le rivage, cette frange qui borde la mer et voisine avec la distance illimitée, avec l’extériorité. Finis terrae. Ici finissent les terres, c’est le bout du chemin. Aux extrémités correspondent souvent l’imminence d’un événement, la promesse (ou la menace) d’un dépassement ou d’un accomplissement — et le tremblement qui en résulte dans la psyché. Aux abords de l’île frisonne d’Ameland prévalent silence, dépouillement et dépaysement (au sens de sortie hors du petit pays en direction de la mer, aux sens de changement de milieu, de passage) ; mais le punctum[1] de la photographie existe bel et bien, qui conduit les regards jusqu’à l’envol des oiseaux vers la nue.  

L’écrivant est sentinelle qui témoigne de la réalité la plus immédiate ; quand le photographe est une vigie qui scrute les lointains pour en recueillir l’image. Avec une grande retenue, entre finitude et infini, Guillaume Fandel a longé le littoral nord en s’approchant au plus près des signes discrets qui le composent.


[1]. Piqûre, point ou petite tache en latin, le punctum a été théorisé par Roland Barthes dans La Chambre claire et désigne « ce qui me point ou me meurtrit », ce qui m’attire et m’atteint au sein de la photographie.



(c) Guillaume Fandel, 2010

dimanche 1 août 2010

Éditions Naire

Adaptation, rewriting et correction du recueil de poésie intitulé Ballades, de Frédéric Mallafos, publié par la structure de micro-édition Éditions Naire.

Définition d’axes de réécriture (aspect semi-rimé du texte, réduction du nombre d’apostrophes pour en faire un trait de style pertinent, rythme) ; agencement de l’ordre des poèmes selon une logique narrative et division du recueil en quatre parties ; rédactionnel quand le texte l’exigeait. 

dimanche 6 juin 2010

Patron, un métier qui s'apprend

Pour Cédric Loison, PDG d’ADT International, j’ai effectué le rewriting profond d’un roman de 300 000 signes : recherche de la fluidité stylistique optimale, enrichissement du vocabulaire, développement de l’intrigue secondaire, adaptation de l’ordre des séquences d’écriture. Le texte présente l’histoire de cette entreprise de traduction sous forme fictionnelle et doit servir de document de communication entre partenaires commerciaux.

4e de courverture du roman, intitulé Les Cartes de la réussite. Patron, un métier qui s'apprend. (Books on demand, 2010) :

« J’ai créé ADT International au début des années 1990, société de traduction qui a remporté un grand succès. Aujourd’hui, me voilà à la tête de cinquante salariés, avec un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, dont 5 millions de marge brute ! Pour le porteur de projet, le lancement d’une activité implique une réflexion soutenue en amont mais tient bien souvent à une simple étincelle. De l’initiative personnelle à l’ouverture de filiales à l’étranger, je vous livre ici mon parcours de chef d’entreprise à travers un récit de fiction foisonnant de personnages secondaires, de situations exemplaires et d’enjeux commerciaux. Ce roman de formation est assorti de conseils aux futurs entrepreneurs, concernant tant la gestion d’une crise que les 10 règles d’or de la société, etc. Les Cartes de la réussite répondent donc à un concept éditorial innovant : l’exposé complet d’une méthode de management s’appuyant sur un exemple réel et sur une intrigue romanesque.

Diriger une société nécessite un rapport humain maîtrisé, que ce soit avec ses collaborateurs, ses clients ou ses fournisseurs. Les relations professionnelles ne sont jamais calquées sur les liens personnels : l’argent, le pouvoir, le sexe peuvent les biaiser et vous aveugler. J’ai mis en œuvre un trésor d’ingéniosité pour contrôler au mieux tout dérapage. Mais vient le jour où je découvre cette salariée qui m’admire en secret depuis le début… et qui est tellement différente ! Ses confidences auront imprimé une violente secousse au cours paisible de nos existences respectives, dont l’onde de choc reste encore sensible, puisqu’elle s’est propagée à la conduite des affaires ! Dans le grand théâtre de l’entreprise aux décors en trompe l’œil, une fable au dénouement cruel, sur fond de politique salariale et de stratégies de marketing ! »

dimanche 11 avril 2010

Hélène Cixous est en ligne, vous la prenez ?

Séminaire d’introduction du 21/11/2009 (2e partie).
la télé-vaccination

« Edison a permis à Françoise d’acquérir un défaut de plus. » (Proust)

Réhabilitation du laid, du bas, avec leur descendance : rendre justice aux minables (cf. la vérité du Caravage). Dans La Recherche, on ne compte pas les personnages grotesques et louches (ex. Charlus, dont on voit la dégradation) : déchéance, aberration et mensonges — dimension analytique.

Françoise mute au contact du téléphone : la voix lui entre dedans. Le téléphone est une émission sonore qui nous pénètre sans contact physique apparent (comparable à « entendre des voix », comme Jeanne d’Arc). Ouverture/fermeture hospitalière à la présence/absence de quelqu’un).

dimanche 4 avril 2010

Hélène Cixous : Séminaire

Séminaire d’introduction du 21/11/2009, prononcé à la Maison Heinrich Heine (cf. billet) et intitulé La seule invention, le seul renouvellement, en vie (IV : Journées de lecture de rêve). Personnage récurrent de ses textes, plus qu’objet technologique intégré au quotidien, le téléphone est l’un des multiples centres de la réflexion d’Hélène Cixous : il condense les thèmes de la relation, de la communication et de l’appel.

Thème : Proust et le téléphone

être ensemble et à distance : nous sommes des êtres pleins de lointain et de mystère, et je suis occupée de la spectralité des auditeurs : « au même moment, à distance ».

samedi 20 mars 2010

Collaboration avec En français, Hélène Apel

COMMUNICATION D'ENTREPRISE. Correction et rewriting de plaquettes commerciales traduites de l'allemand, avec application du code typo suisse romand. Voir le site d'En français

samedi 27 février 2010

Marques typographiques de la nudité

Le dernier opus d’Emmanuel Hocquard rassemble 76 propositions poétiques sur la nudité, complétées pour certaines de leur scolie (de genre masculin, le scolie est la remarque qui agrémente le théorème, en sciences et en philosophie, et non pas la note critique d’un commentateur, ou d’un exégète extérieur au texte, sens qui correspond au même mot de genre féminin). Les premières pages s’ouvrent sur quelques jeux de langage propres à la tradition philosophique anglo-saxonne, qui s’est développée d’après les prémices de Wittgenstein. De mémoire, il est question d’un « cube rouge » et de « x nue ».

Deux écarts typographiques arrêtent bientôt l’œil du correcteur, deux entorses au code, qui prennent valeur signifiante, puisque ce sont les choix de l’auteur : en début de phrase,  la minuscule à « nudité » ou à l’article qui précède ce substantif clé (bas-de-casse) ; l’usage insistant des crochets, qui ne signalent pas une intervention extérieure de l’éditeur, comme c’est l’usage : pourquoi recourir aux crochets, là où les parenthèses auraient fait merveille ?

1) Nudité.
Jean-Luc Nancy a consacré deux ouvrages à cette qualité de présence de la personne, du corps ou de la pensée, en lui associant l’idée de dénuement et de non-savoir (cf. La pensée dérobée ; Nus sommes). Dernièrement, Agamben a écrit également sur le même thème (Nudités). Il serait intéressant de confronter leurs pistes conceptuelles et l’ouvrage présent de Hocquard, qui appartient au genre poétique. Le poète ne célèbre pas la chair mais l’idée simple du nu, en excès sur le corps, l’idée la plus simple, dit-il. Qu’est-ce que c’est, cette nudité/simplicité ? Pourquoi cette qualité est-elle présentée comme une idée ? La simplicité est un rapport logique : elle réside dans la tautologie et dans le langage (elle n’est pas ontologique, ni être ni étant). D’autre part la simplicité est littérale : l’idée simple de nudité exclut la métaphore. Serait-elle proche de l’évidence, après laquelle j’ai couru toute une partie de mon adolescence et qui m’a échappé à l’orée de l’âge adulte ? Approcherait-elle du court chemin qui relie une chose à sa nomination, dans l’écriture ? Hocquard poursuit de manière imagée le programme ou les propositions de la modernité négative, réunies dans Un privé à Tanger.

La simplicité se traduit typographiquement par la perte de la capitale : en position de sujet, la nudité « entame » la phrase, au double sens de ce mot, sans pour autant donner le signal d’un commencement (ouverture signifiée traditionnellement par le recours à la majuscule). Ce serait une déponctuation (avec ce principe, j’ouvre tout un chantier de lecture, de Guyotat à Sollers, qu’il faudra aménager au fil des articles).

Scolie. « la nudité n’est jamais assez nue. »

2) Niveaux ou strates textuelles.
Au sein du texte, le décrochement d’un niveau à l’autre est marqué soit par les parenthèses (qui forment une parenthèse, une digression) soit par les crochets qui enserrent une partie du texte dont un autre scripteur, l’éditeur le plus souvent, est la source. Ainsi, on pourrait penser un texte courant sur deux niveaux, l’un appartenant au corps du texte, l’autre au sous-texte, compris entre parenthèses ; le maître en la matière est Raymond Roussel, qui enchâsse plusieurs fois ce signe de ponctuation, comme le rappelle Drillon. Autrement, dans le texte CruciFiction de James B. Hound, exhumé par Claro dans la revue Inculte n°14, la parole d’un premier narrateur est trouée par des didascalies entre crochets (et en italique), qui appartiennent en fait à un autre narrateur (son interlocuteur, qui fait mine de l’interviewer et qui est au départ d’une autre couche textuelle) : il en résulte un maillage ou une alternance de voix.
Reprenons en main l’ouvrage d’Emmanuel Hocquard. Ma mémoire m’a trahi. Les crochets ne servent pas le premier but, décrit plus haut ; ils ont ici plusieurs fonctions, qui le disputent effectivement aux parenthèses : l’une d’elles est d’agir directement sur le terme précédent, pour se substituer à lui ou faire jouer les deux sens à la fois.

XXVII. la nudité est [émet] sa propre clarté.

Dans l’exemple suivant, la contradiction est subtilement déjouée par les classes grammaticales de l’adjectif (« central ») et du groupe prépositionnel spatialisant (« au centre de »).

LVI. Parce qu’elle est centrale [sans être au centre de rien], la nudité tient les prépositions à distance.

L’autre fonction est de réserver un terme, mais on ne voit pas alors la différence avec les parenthèses. Pourtant, il en existe une dans l’intention typographique et le recours à deux signes de ponctuation distincts. 

XLII. On peut toucher la nudité ou le papier.
[Mais] la nudité est impalpable.

LVIII. la nudité [est] une fiction parfaite.

Parfois, la réserve d’un terme (opération de soustraction) est très proche de l’ajout (opération d’addition).

LXV. la nudité [re]tient le corps à [juste] distance.

L’art de Hocquard tient dans le simple du style — que l’on pourrait appeler une « simplesse », terme recensé par Littré dans son dictionnaire en 1875 et oublié depuis — et dans la pauvreté des effets : à de petites différences, par de petits écarts, il nous éveille et invite le lecteur à éprouver textuellement le corps d’une idée/mot.

Emmanuel Hocquard, Méditations photographiques sur l'idée simple de nudité, POL, 2009. 


(c) Bruno Braquehais, Nu, 1853-1854

dimanche 24 janvier 2010

Littéralité chez Deleuze et Artaud

Notes sur la littéralité chez Deleuze et Artaud, séminaire d’Evelyne Grossman au Ciph (1er semestre 2009).
Voir mon billet du 14 décembre 2009.

— F. Zourabichvili, incipit au Vocabulaire de Deleuze, éd. Ellipses.
« À la lettre »
Mise en garde insistante de Deleuze : ne prenez pas pour métaphore des concepts qui n’en sont pas.
Métaphore : leurre.
Le devenir est la réfutation même de la métaphore.
Mais dans cette récurrence de ce « à la lettre », n’y a t il pas le démenti de cette lecture littérale ?

cf. « Lettre sur Lautréamont » (Artaud),
publiée en 1946 dans Cahiers du Sud, n° 275, puis reprise dans Suppôts et suppliciations, 1947 (p. 1250 éd. Quarto). [ pourquoi cette référence ? ]

— « La question de la littéralité », F. Zourabichvili, in Deleuze et les écrivains, ed. Cécile Defaut (2007), article accessible ici

exemple : Bartlebly in Kafka… n’est pas une métaphore de l’écrivain ou un symbole.
exemple : Kafka
Métaphore / Métamorphose
Selon E. Grossman, Bartleby serait une métamorphose de la lettre.

Cf. Artaud : « Aliéner l’acteur », 1947
l’acteur est le semblable de l’écrivain : celui qui fait de l’écriture un acte vrai.
« Paroi après paroi, l’acteur développe, il étale ou referme des murs, des faces passionnelles et suranimées de surfaces où s’inscrit l’ire de la vie. »
d’ou métamorphose de la littérature

Cf. « Dix ans que le langage est parti », 1947
« Il est temps pour écrivain de fermer boutique, et de quitter la lettre écrite pour la lettre. »
littérature / lettre théâtrale et corporelle (animée)
lettre-force
lettre qui tord le langage et le fait crier : cruauté ?

cf. Occurrence de la « torsion » chez L. Bourgeois pour métamorphoser la matière.

Aliéner l’acteur, c’est empêcher la figure d’être, de prendre, de se figer dans une forme anatomique. Ici, « aliéner » c’est sortir de l’être, rendre autre, étranger.
Etre / Théâtre
devenir-autre
aliénation : pouvoir de métamorphose

Cf. 4e lettre à Paulhan, 1933, p. 576 de l’édition Quarto
mot-affect ≠ signification grammaticale et valeur d’élucidation

— Deleuze sur Kafka : « minorer la langue »
appauvrissement de l’allemand
traits de pauvreté pour en inventer un usage inédit : procédé littéraire
traiter les mots par la manière dont il nous affectent : ce sont des charges affectives, des intensités.

style : création de syntaxe
mise en tension de la langue, nouvelle organisation de ses éléments

mot-chose
« un mot n’est un mot que par sa capacité d’animer le monde immédiatement » : étrangeté affectante

cf. Michel Leiris : La Règle du jeu, Biffures
« table » > « tetable »

Deleuze
mot : investissement de désir, y compris les concepts
la métaphore est un mauvais concept et un obstacle ; Deleuze conteste la dualité entre sens propre et sens figuré, sur la quelle est construite la métaphore.

le surgissement créatif de l’écriture se fait sur un plan qui ignore cette dualité et ce partage : c’est un rapport de rencontre et de contamination, un bloc doué de consistance.

la littéralité est la force de la lettre, en deçà du partage entre propre et figuré.
Critique et clinique, 1993 : « N’interprétez pas, expérimentez ».
l’ascèse du sens est un exercice pratique.

Kafka : Zourabichvili : « le sens est la vie propre, asignifiante, du signe » (??)
cf. Pourparlers, Deleuze, p. 196

Signe / Evnt / Vie / Vitalisme
puissance d’une vie non organique
puissance de l’écriture
vie non organique et non personnelle
le propre de la vie non organique est la créativité
tendance évolutive et créatrice que traverse le vivant (?)

en quoi le vivant formé ( la figure ) est en excès et en quoi l’évolution la déborde ?

cf. « Sécheresse de Deleuze », par C. Rosset, 1972, in L’Arc n° 49, repris ici
réduire la philosophie à son squelette, p. 223-24 ?

sécheresse / géométrie / construction et constructivisme

chez Artaud et chez Deleuze
créativité : supériorité intensive des affects sur les affections ordinaires (les émotions).
intensité / cruauté ( Artaud ) : en dépit de l’angoisse, c’est une joie, une écriture de la jouissance infinie.
éblouissement : modalité de la jouissance (extase, folie, etc.)

lundi 4 janvier 2010

Collaboration régulière avec Luxury Attitude.

COMMUNICATION. Correction et révision de plaquettes commerciales pour Luxury Attitude, département de la société ANTIUM spécialisé dans le luxe.

dimanche 3 janvier 2010

D'une entaille aux entrailles

J'ai participé à l’appel à textes, lancé par la revue Dissonances, sur le thème « Entrailles » et proposé une variation libre à partir du thème de l’éviscération et d’une scène de la guerre d’Algérie. Très remarqué par le comité de rédaction de la revue mais non retenu, voici le texte dans son intégralité.

D’une entaille aux entrailles

étripage

éviscération 

éventration 

Trois actions d’évidement, où le contenant se vide de son contenu, où le sac de peau crève sous la pointe du stylet, où le corps dégueule à l’extérieur une part de lui-même : flux, organes — la vie s’échappe. 

LA BLESSURE

Au moment d’écrire sur la coupure, la fente, l’entaille incisée sur le ventre et suivie du déversement des entrailles, me reviennent en mémoire une tripotée de supplices, où il s’agit toujours pour le corps de perdre un organe ou un membre : la scène d’énucléation du Roi Lear (ablation totale de l’œil), l’émasculation du film de Nagisa Oshima (castration, perte réelle du phallus) ou la décapitation (égorgement, étêtement) des onze mille vierges imitant sainte Ursule dans La Légende dorée de Jacques de Voragine. — Le corps « sain et sauf », autrefois figure d’intégrité, n’est plus cet organisme exempt de blessure ; il a perdu sa belle unité, et s’écorche, et s’entaille, et se morcèle : corps dépecé, disséqué, désossé, désarticulé, démembré, puis dispersé aux quatre vents…

Puisque la blessure est ce qui « ouvre » le corps et ce qui rompt son unité, quelles définitions donner de celle-ci ? La blessure (en grec ancien, τραυμα, « trauma ») recouvre une triple dimension : physique, imaginaire et symbolique ; dans les trois cas, elle est caractérisée par une atteinte à la personne et par un dommage, qui provoquent une dissolution de l’état antérieur, une douleur et une lésion. Ruwen Ogien : « On peut causer volontairement toutes sortes de dommages physiques ou psychologiques à autrui, tantôt avec son consentement (dans les sports violents ou les rapports sadomasochistes, par exemple), tantôt sans. Quand on cause volontairement un dommage à autrui sans son consentement, ce dommage a vocation à devenir, sous certaines conditions morales ou légales, plus qu’un dommage : il contient une présomption d’injustice. Si cette injustice est avérée, on ne parlera pas seulement de “dommage” mais de “tort” ou de “préjudice”. » Le préjudice est donc un acte ou un événement nuisible aux intérêts de quelqu’un, qui entraîne la perte d’un bien, d’un avantage ou d’une faculté tout en engageant la responsabilité d’autrui (c’est ce lien qui est essentiel sur le plan juridique pour en obtenir réparation). 

Le dommage et la douleur sont communs aux trois registres de la blessure : physique, imaginaire et symbolique. Passons rapidement sur les deux derniers pour en venir à ce qui nous occupe, à savoir le physique : la dimension imaginaire, ou narcissique, engage une modification de l’image de soi ; la dimension symbolique, une offense qui se constitue d’un affront, d’une insulte ou d’un outrage. Tout autre est la meurtrissure physique : en regard des contusions, foulures ou fractures, l’estafilade de l’éviscération — la fameuse « entaille » du titre — occasionne une rupture du schème d’enveloppe de la peau, une ouverture dans les chairs due à une cause externe (traumatisme, intervention chirurgicale), qui présente une solution de continuité des téguments et, nous y voici, une perte de substance : je mets ici le doigt sur la plaie. Ce qu’il y a de remarquable est l’opération de retournement par laquelle l’intime, le plus intérieur, les entrailles sont brutalement extirpées de leur milieu naturel, exhibées, puis disséminées. Les viscères, et avec elles tout ce qu’il y a de viscéral et d’enfoui, sont amenées de la cavité abdominale à la surface et crèvent la fine membrane de la peau (qui seule sépare l’intérieur de l’extérieur). 


GUERRE D’ALGÉRIE

Enfant, j’ai entendu mon oncle raconter une scène de guerre qui contient ce même motif de l’éviscération, ou de l’exposition des viscères au jour. Cela se passe à la fin de l’été 1961, en bordure de la frontière qui sépare l’Algérie du Maroc : entre le barrage électrifié et la démarcation réelle, les patrouilles militaires françaises parcourent les pistes de la zone interdite, un no man’s land truffé de mines antichar et antipersonnel : les Français veillent au grain, mais les fellaghas préparent la libération. 

L’oncle Gaud est à bord d’un camion ; il a 20 ans ; il effectue son service militaire avec le grade de caporal. Explosion d’une mine le long du convoi. Un homme court en se tenant le ventre ; un éclat de fer lui a cisaillé les chairs ; les intestins se sont répandus hors de l’abdomen directement dans son pantalon, seconde poche de tissu ; il enserre ses entrailles à pleines mains pour ne pas en perdre ; il ne cède pas à la panique. Le blessé est bientôt évacué en hélicoptère vers l’unité de soins la plus proche. 

Huit jours après, l’oncle Gaud apprend que l’estropié a la vie sauve. Le copain chirurgien et obstétricien de l’antenne hospitalière du régiment, qui s’occupe d’habitude d’accouchements, lui a tout raconté : on a sorti la ventraille, nettoyé les organes, puis on a recousu. Cela semble presque une bonne blague ; d’ailleurs, l’adjudant chef Blanchard, le gaillard qui a été blessé, en plaisante déjà : « La guerre, c’est une affaire de cran, une affaire de tripes ! » Blanchard a 45 ans ; il a connu plusieurs théâtres des opérations, dont l’Indochine. En 1962, suite à l’arrêt des hostilités, l’indépendance de l’Algérie est proclamée. 

C’est fragile la vie ; parfois, ça ne tient qu’à un fil… À dix centimètres près, si l’éclat de mine avait suivi une trajectoire plus ample et créé une entaille plus profonde, l’homme perdait et les entrailles et la vie (irréel du passé). 


(c) Sophie Ristelhueber, Sans titre, n°8, 1994.

Philippe Millot nous dessine un livre

La publication d'un livre « dessiné » par spMillot — il tient à ce mot, synonyme de design éditorial, et non d'illustration — est un toujours un événement et une fête pour les yeux : typo créée par Matthew Carter, format original, plusieurs papiers sous la même reliure… Paraissent donc aux Éditions Cent pages Les Nouvelles en trois lignes, de Félix Fénéon, critique et rédacteur né au 19e siècle. Bio ce personnage haut en couleur, ici.

J'ai dans ma bibliothèque Zonzon pépette, d'André Baillon, aux même éditions ; le catalogue de l'exposition Beckett à Pompidou, intitulé Objet Beckett ; je m'apprête à acquérir Salmigondis, de Gilbert Sorrentino : tous ces livres ont été pensés et chouchoutés par le même créateur.

mercredi 30 décembre 2009

Dernière commande

PARTICULIER. Saisie et correction du manuscrit d'un récit, pour Mme Anne Guilhou.

mercredi 16 décembre 2009

Moisson de livres

Belle moisson de livres, hier, en librairie et en bibliothèque participative (voir mon billet du 18/11) :
Suicide, d'Édouard Levé (qui est malheureusement passé à l'acte dans la vraie vie) ; 
Méditations photographiques sur l'idée simple de nudité, d'Emmanuel Hocquard ; 
Agonia confutans, de Juan Benet (auteur au phrasé proustien, que j'adore) ; 
Reconnaissances. Antelme, Blanchot, Deleuze, de Christophe Bident (critique spécialiste, et biographe, de Blanchot) ; 
L'Imprécation littéraire. Matériologies I, de Michel Surya (qu'on ne présente plus — belle prétérition — et qui dirige les très actives éditions Lignes).

Daniel Martin-Borret

Après avoir été sélectionné au festival Longueur d'ondes, à Brest, le créateur sonore Daniel Martin-Borret est finaliste de la sélection de Phonurgia Nova et présent sur Libération (on pourra y écouter sa pièce Léandre). Je collabore avec lui depuis un an et nous avons un projet de fiction radiophonique en développement, intitulé provisoirement Les Chansons d'amour.

Le thème de la boucle

Appel à contributions (relayé par Fabula à cette adresse) pour le colloque « Boucle et répétition » qui aura lieu à l'université de Liège du 3 au 5 mars 2011 : approche transdisciplinaire, associant la musique, la littérature, la philo et les arts visuels.

lundi 14 décembre 2009

Evelyne Grossman

Dernière séance le 14/12 du séminaire ambitieux d'Evelyne Grossman, auteure de L'Angoisse de penser, Éd. Minuit, sur le thème des rapports entre corps/affect — cette figure du registre du réel lacanien — et écriture. J'espère pouvoir participer au peu de séances qui restent. 
Université Paris-Diderot-Paris-7 le lundi de 16 à 18 heures (coordonnées spatiales exactes sur le site du CIPH).


Corps, affect, écriture (II). Sensations anorganiques
Ce sont ces modernes discorps littéraires (Artaud, Beckett, Blanchot, Duras, Sartre, Genet…) et philosophiques (Derrida, Deleuze, Levinas, Lyotard…) dont on poursuivra cette année l’étude.


Thèmes directeurs de la séance du 23/11 : 
1/ Artaud : corps sans organe, corps virtuel et rq. au sujet du texte sur le théâtre balinais (disponible ici) ; 
2/ La métaphore et la littéralité ;
3/ Lecture et commentaire de Phrase, de Ph. Lacoue-Labarthe.


Thèmes directeurs de la séance du 30/11 : 
1/ Ph. Lacoue-Labarthe : suite du commentaire de Phrase et analyse de La Poésie comme expérience ;
2/ Inspiration, souffle, essoufflement ;
3/ Exposé sur Pour en finir avec le jugement de Dieu, Artaud (1947).


La séance du 7/12 sera consacrée aux rapports entre Artaud et Deleuze (absent à cette séance). 


Thèmes directeurs de la séance du 14/12 : 
1/ La métaphore et la littéralité (d'après l'article de Zourabichvili, cité ici même sous le libellé "littéralité") ;
J'essaierai de faire la transcription des réflexions de E. Grossman sur ces questions chez Deleuze et Artaud. 
2/ Exposé sur Marguerite Duras : C'est tout (1995) et Le Ravissement de Lol V. Stein (1964). 
3/ Questions de l'auditoire à E. Grossman sur l'ensemble du séminaire : 
— Pourquoi présenter systématiquement comme positives des expériences d'écriture qui rendent compte de phénomènes de dissociation — proches d'un état psychotique —, alors qu'elles relèvent manifestement de la pulsion de mort ? J'ai trouvé cette question intéressante et préoccupante : elle lie la biographie et l'œuvre ; elle se tient à la limite entre littérature et psychanalyse ; enfin, elle semble ne pas donner droit de cité à la psychose. E. Grossman était un peu embarrassée, mais elle a insisté sur la créativité des auteurs étudiés — en dépit de leurs problèmes, rejoignant par là la notion de ligne de fuite de Deleuze. Évocation de l'ouvrage de L. Wolfson : Le Schizo et les langues, Éd. Gallimard, 1970  (préface de Deleuze, intitulée Schizologie). Pour finir, E. Grossman a dénié qu'Artaud présente un trouble mental du même type que Wolfson — mais alors que s'est il passé pour lui en Irlande, en 1937, puis dans sa relation à son psychiatre Ferdière à Rodez, entre 1943 et 1946 (cf. l'ouvrage d'Emmanuel Venet, Éd. Verdier) ? 

— Pourquoi associer systématiquement dans son discours « jouissance » et « infini » ( une jouissance infinie ) : la jouissance est en effet un effet de bord et de cerne, autour d'un orifice, en psychanalyse. 



vendredi 4 décembre 2009

Vengeance du traducteur

Je commence ce jour la lecture réjouissante de Vengeance du traducteur, de Brice Matthieussent, Éd. POL, novembre 2009, brillante variation sur ce métier de soutier — mais ô combien passionnant ! Ce sera l'occasion d'une petite synthèse sur les systèmes de notes de bas de pages, sous le libellé "correction" de ce présent blog, puisque ce livre est composé dans sa première partie uniquement de N.d.T.

Relectures 8 à Khiasma

Je participerai ce soir à Khiasma à l'événement Relectures 8 : lecture de Ralentir Spider, de Véronique Pittolo, poète, et film documentaire sur nos représentations sous forme d'avatars dans les univers virtuels.

Khiasma est un lieu interdisciplinaire, dynamique et convivial, situé aux Lilas depuis 2004 : l'équipe est emmenée par Olivier Marboeuf et se voue aux questions actuelles de diffusion culturelle des arts visuels et vivants et de la littérature contemporaine.

Compte rendu de la soirée : 
1/ Trois lectures poétiques de Véronique Pittolo, Virginie Poitrasson et Gwenaëlle Stubbe, membres du collectif Véga, en résidence à l'espace Synesthésie (Saint-Denis).
Belle performance de V. Poitrasson : une voix aux intonations chantantes, surtout sur la finale, une écriture rythmique et une belle présence — accompagnées d'une bande son, ce qui ne gâche rien. G. Stubbe est un personnage marrant, avec une vraie dimension théâtrale ; elle fait beaucoup de lectures, et il est donc facile de la rencontrer. 


2/ Projection du montage La Tanière, de Alain Della Negra & Kaori Kinoshita — tous deux issus du Fresnoy —, montage projeté au sein de l'installation du même nom au Palais de Tokyo jusqu'au 3 janvier, à propos de la communauté Furry.